Roses des Sables et Mille Perthuis
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Le fech-fech entre Assamaka et Arlit
Le Paris-Dakar du Pauvre

Episode 24

Ce feuilleton relate le tout premier voyage en Afrique de l'auteur. Il n'a jamais fait l'objet de publication mais illustre les paysages et certains lieux dont il est question dans ses livres.

R6 Episode précédent :

Episode 23 : Assamaka - le fort



Famille touareg entre Assamaka et Arlit



Nous croyons comprendre que le campement de cette famille se situe dans les parages. Elle compte sur le passage pour s'approvisionner en eau et autres denrées.

Depuis Assamaka nous essayons de nous maintenir en vue du voyageur suisse. Son 4/4, bien que léger, pourrait aider à limiter nos sueurs en cas d'ensablement. Ce garçon est écologiste et prévoyant. Pour traverser le Sahara il a installé
un cabinet chimique sur le toit de son véhicule. Il s'est également pourvu de toute la gamme des petits cadeaux classiques à distribuer le long du parcours. L'intérieur de sa Lada Niva concurrence la braderie de Lille.

Suisse équipé d'un caninet chimique dans le Sahara

L'échange avec cette famille targui souffre de difficultés linguistiques. Seul l'homme manie quelques bribes de français. L'échange d'objets, en revanche, ne souffre d'aucun handicap. Notre accompagnateur involontaire se débarrasse d'une poignée de dinars contre des pointes de flèches.
L'homme regrette que nous n'en voulions pas.

Nous disposons pourtant toujours de monnaie algérienne, bien que son exportation soit interdite. A notre décharge, il n'y a pas de banque à In Guezzam pour s'en débarrasser légalement et nous réimporterons l'argent à notre retour. Deux infractions au lieu d'une... par respect de la loi.

Pointes de flèches néolitiques



Pour les pointes de flèches, une photo suffira. Je n'ai pas révisé mon néolithique avant de partir, mais puisque ces choses sont là depuis si longtemps, autant qu'elles y restent.
Etiquette bouteille de bière Flag




Depuis Tamanrasset, de kilomètre en kilomètre, d'ensablement en ensablement, une canette toujours plus grande, toujours plus glacée colonise nos pensées.

Serait-ce parce que c'est précisément au Néolithique que l'homme découvrit, par hasard, la culture des céréales et la fermentation ? Donc la bière.

Pour lutter contre la soif, nous avons mis en application des conseils autochtones : une bouteille d'eau pendouille, à la portière de notre voiture, dans une serviette mouillée. Lorsque nous roulons, le déplacement d'air prive le liquide de quelques degrés qui par contraste paraît moins chaud. Nous réinventons l'eau tiède.
Deux  types de difficultés nous séparent encore de cette bière en train de réfrigérer à Arlit.
La première épreuve, aujourd'hui, n'est pas liquide.
C'est à sec que des Coris (oueds - rivières) barrent la piste et imposent leur rite de passage. Les bars d'Arlit sélectionnent leurs clients !
Devant nous, au milieu d'arbustes une seule trajectoire praticable avec audace permet le franchissement de trois cents mètres de fech-fech.
Qui a pu avoir l'idée de venir ici moudre le sable ?
Plusieurs hypothèses expliquent la formation du fech-fech. Elle résulterait "de l'érosion d'un sol argilo-calcaire ou de boues déposées en milieu aqueux et réduites en poudre sous l'effet de sels ou de gypse"...
Quoi qu'il en soit, il faut traverser ces lits farineux.

Aujourd'hui je suis loin de penser qu'un jour je deviendrai "spécialiste" de la traversée de ce passage. Je le franchirai, même, un an plus tard, au volant d'une 404 break tractant au bout d'une corde une 404 bâchée en panne et sans freins... sans ensabler aucun des deux véhicules. Cf : La Piste Trafricaine
Ce jour-là, en revanche, je perdrai trois heures à aider des voyageurs à dégager le passage encombré par leur puissante 505 avachie dans la poudreuse.

fech-fech entre Assamaka et Arlit


Aujourd'hui, c'est nous qui jouons le rôle de la 505. La puissance en moins. Et c'est bien là le problème.
Pour espérer franchir ces 300 mètres meubles, il faut de l'élan, de la vitesse et de la reprise. Tout ce qui manque à notre Renault 6 "en surcharge".
Quand nous en avons fini avec cet épisode de fech-fech, la bouteille de bière, bien qu'imaginaire, a pris tant de volume qu'elle déborde de nos têtes.
Cordon de dunes entre Assamaka et Arlit


L'épreuve la plus impressionnante est imposée par un cordon de dunes... à franchir impérativement. Notre "estafette" suisse traverse tout droit sans hésitations. Pas même celle de connaître notre degré de perplexité. Il roule en 4/4, nous, non !
Nous ne la reverrons plus de la journée.


Nous partons à la recherche d'un passage adapté à notre faible moyen de locomotion. Quatre kilomètres, en bordure droite des collines de sable, suffisent à nous persuader que cette voie n'est pas celle de l'évitement.  Même observée, à pieds, du haut d'une dune, aucune brèche sympathique n'apparaît en-deçà de l'horizon. Revenir à la piste s'impose.
Le désert a ses mystères. Des passages anodins nous retiennent la journée, une dune impressionnante se traverse d'une traite. C'est le cas de celle-ci qui ne coupe que symboliquement notre élan. S'imprimer dans nos souvenirs est sa seule exigence.

Nous ne devrions plus quitter la piste tant elle devient désormais notre alliée. Le terrain incite à la vitesse. Relative, aujourd'hui pour nous, mais réelle, plus tard, pour moi, avec d'autres véhicules plus musclés. Frigos abandonnés en plein désert entre Assamaka et Arlit



Un vrai faux mirage nous incite cependant à concéder un léger crochet. La vision est bien réelle. Elle est une provocation à notre soif inextinguible. Elle est aussi la preuve que, même après avoir passé avec succès toutes les épreuves, les ennuis peuvent encore sévirent.

Inscription sur les frigos abandonnés avant Arlit



Quelques décennies plus tard, on dira qu'il y a faute de goût écologique; aujourd'hui on ne retient que le sens de l'humour de quelqu'un à qui le désert a joué un dernier tour.


"Servez-vous Au Niger on est sympa"

Approche d'Arlit




L'apparition de population n'annonce pas la fin du désert mais l'approche d'un lieu habité.
Arlit n'est plus loin.

Arlit sur la carte




L'arrivée dans cette cité a de quoi surprendre, elle se fait par une "autoroute" non goudronnée où nous devons tout faire pour éviter le ridicule d'un ensablement. On se sent canalisé.
Ville d'Arlit


Canalisé, on l'est aussi et surtout par les formalités à entreprendre. La visite au commissariat n'en est pas la moindre. Le voyageur européen se doit d'y aller montrer patte blanche.



Le retour à la civilisation routière induit-il que, sur l'asphalte retrouvée, notre voiture se portera mieux ?
Allons-nous satisfaire aux formalités de moins en moins formelles ?
Vers quelle destination allons nous nous transporter ?

Vous le saurez... peut-être, en parcourant l'épisode suivant :

R6
Vingt-cinquième épisode : Arlit - Agadès




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